Saint-Tropez-Morose

Un si joli petit village du Var connu du monde entier. Site pour ceux qui l'aiment et le défendent.

jeudi 14 juin 2007

Devise

" Les plus belles années d'une vie

sont celles que l'on a pas encore vécues."

Claude Lelouch.

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mardi 16 mai 2006

Juliette Gréco et Saint-Tropez

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"Regrettez-vous le Saint-Tropez des années cinquante, lorsque vous étiez
l’âme d’une bande qui comptait Daniel Gélin, Françoise Sagan ou Boris Vian?"
"Le « film » que je connais avait un décor différent avec des personnages hors
normes... A présent c'est une autre manière de vivre.
Mais je suis très heureuse ici. C'est un paradis terrestre où je n'ai que des envies.
La seule chose que je n’ai pas, ce sont des regrets ou des nostalgies".

  Nice-Matin, dimanche 3 août 2003.

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lundi 15 mai 2006

Charles Vanel à Saint-Tropez

Extrait de ciné riviéra par Raoul Mille publié dans Var-Matin du dimanche 22 avril 2007.

Charles Vanel n'oubliait pas qu'il était Breton. Les bateaux étaient sa passion. Il en posséda plus d'une dizaine: "Le Mistral" "Le Gabian" "Le Pirate" "Le Vagabond"...

Mais le choc d'amour, ce fut Saint-Tropez, son "ile déserte" comme il disait. Saint-Tropez possédait encore  son naturel de port de pêche blotti au pied de la  statue du Bailli de Suffren.
Dès qu'il arrive, une fois ancré son bateau, il descend à l'hôtel Sube d'où il peut goûter les allées  et venues  sur le port des  pêcheurs  réparant leurs filets, la vente du poisson frais vers les cinq heures du soir. Ces plaisirs il ne les vit pas en solitaire mais avec quelques amis, qui comme lui ont choisi Saint-Tropez pour son authenticité, des artistes, son grand ami Jef Kessel et sa compagne Katia, le cinéaste René Clair, l'auteur de "Le Million" et d'"A nous la liberté". En 1931, le futur académicien cultive encore l'esprit libertaire et l'anarchie souriante. Dunoyer de Segonzac qui allait peindre tant de chefs-d'oeuvre illustrant son amour pour Saint-Tropez, l'écrivain Paul Vialar.

Cette communauté, qui n'avait rien d'autre  en partage que l'amitié, se retrouvait à la terrasse de "Sénéquier" à l'heure de l'apéritif. Parfois et c'était l'évènement, la dame de Saint-Tropez, Colette, venait partager l'anisette.

Jef Kessel  occupait une maison au pin parasol royal voisine de  "La Treille muscate", maison de Colette. Un soir, elle confia qu'elle voulait vendre. Elle trouvait Saint-Tropez trop  fréquenté.
Charles qui cherchait un pied-à-terre, une maison de caractère , pas trop éloignée du village, l'acheta sur un coup de tête.

Il ne tarda pas à regretter cet achat précipité: "Les pièces étaient trop petites, la terrasse au nord, tout était enfoui dans un fouillis d'ombrage qui la rendait affreusement sombre. Elle était d'un triste! Je plaquais tout."

La maison de rêve, celle où il passa toute la guerre, ce fut "La Pêcherie" avec son grand jardin où l'acteur faisait pousser des artichauts, elle abritait un poulailler et surtout une étable avec une vache qui, chaque jour, imperturbable, donnait ses vingt litres de lait, une aubaine dans ses temps de disette  pour la famille, sa femme Niquette et ses deux nièces, Jacqueline et Danièle.

Charles, le taciturne, le solitaire, s'était marié le 26 octobre 1939 avec Jeanne Abastade "Niquette" à la Mairie de Saint-Tropez. Ils passèrent leur lune de miel à "La Pêcherie", il faisait un automne splendide. Saint-Tropez avait des couleurs d'or. La guerre est déclarée, mais personne n'imagine quelle durera longtemps. De toute façon, elle n'arrivera jamais jusqu'à la place des Lices.

Mais les  Allemands arrivèrent bel et bien. Saint-Tropez n'était pas une place forte, ils ne firent que passer avant de vérouiller le bord de mer. Le danger ne pouvait venir que par là. Ils ne se trompaient pas. Les années passèrent à "La Pêcherie", si ce n'etait le manque de nourriture, une vie  tranquille égrenait les jours.

Pour compléter les artichauts du jardin et le bon lait de la vache, Charles avait acheter une charette et un âne  qu'il confiait à "Niquette". Si on arrivait suffisamment à temps, les habitants de Ramatuelle, de Gassin vendaient leurs légumes frais. Pour M. Vanel, il trouvait toujours des asperges durant la saison, de  l'huile d'olive, de beaux fruits juteux.

A "La Pêcherie", l'acteur s'abîmait dans les délices d'une réussite qu'il prolongeait pendant plusieurs jours, gare à qui  dérangeait une carte. Un matin de grosse chaleur du mois d'août 1944, il fut réveillé par des voix: "C'était tout le village, raconte-t-il à Jacqueline Cartier, qui s'était porté sur la colline, de là on voyait les bateaux de guerre." Des bateaux énormes et majestueux, ceux-là même qui allaient investir les plages de Fréjus, Saint-Raphaël, Le Dramont.

Le débarquement de Provence commençait, mené par les troupes américaines et françaises. La marche sera longue à travers les collines  assoiffées. Toujours à la journaliste, l'inoubliable Jo du "Salaire de la peur", confie: "On avait ce qu'il fallait entre le lait de la vache, le poulailler et les artichauts. Voilà comment fini ma guerre."

Pour son 92 ème anniversaire, Charles veut faire ses adieux à Saint-Tropez, vu du ciel. Une folie, un plaisir, l'occasion de se faire un cadeau inattendu, son baptème de l'air dans cette curieuse machine qui fait un boucan du diable: un hélicoptère. L'hélico traverse les nuages, soudain surgissent la cité du Bailli, la baie des Canebiers, la multiplicité des caps, des baies, étrange et beau mariage du vert des vignes et du bleu de la Méditerranée. Voici "La Pêcherie" vue d'en haut, la villa est toujours là, l'environement a changé mais pas le jardin, le mur de pierre, les bougainvilliers. Tout le charme désuet d'une époque. Charles a vécu là  dix-huit ans! Le soir les amis donnent une grande fête, Michèle Morgan, Gérard Oury, Eddie Barclay, Stéphane Audran, Darry Cowl. "Saint-Tropez n'est plus le Saint-Tropez que j'ai aimé. Tout a tellement changé." Ce sera la conclusion nostalgique de cette journée au pays du souvenir.

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Charles-Marie Vanel est Né le 21 août 1892 à Rennes et décédé le 15 avril 1989 à Cannes.

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dimanche 14 mai 2006

Colette à Saint-Tropez

Colette.

Dès son enfance, le père de Colette, avec son accent méditerranéen, lui parle de la Provence. Il lui raconte son Toulon natal, la maison du faubourg Mourillon où il a grandi. Il surnomme Colette « Bel-Gazou », surnom qu'elle donnera à sa propre fille, et qui signifie « beau langage » en provençal. Mais elle attendra 1906 et ses tournées de music-hall pour découvrir le Sud.
Nice et Monte-Carlo la laissent alors de marbre. « Beau Midi, tu me plais mais je ne t'aime pas », écrit-elle. Pour elle, la région est synonyme de travail.
En 1925, alors qu'elle interprète « Chéri », elle est invitée par Armand Citroën dans sa villa de Beauvallon-Guerrevieille, La Bergerie.
Elle y rencontre Maurice Goudeket, qui deviendra son troisième et dernier mari. « Vous adorez la Bretagne, vous adorerez le Midi »,lui affirme-t-il. Pari gagné. En hiver 1926, Colette achète une résidence secondaire à
Saint-Tropez, « la patrie des beaux pêcheurs ».
La Treille Muscate, située dans l'anse des Canebiers, « au bord d'une route que craignent les automobiles et derrière la plus banale grille, petite, basse d'étage » (1), mais est entourée d’une pinède privée de 1 hectare et d'un patio.
La villa devient son lieu de villégiature. « Bains, travail, travail, bains, promenade à pied, jardinage, travaux ménagers » (2) rythment ses journées. Des étés paisibles durant lesquels elle écrit « La naissance du jour », hymne à la beauté des paysages méridionaux.
Dès 1929, sa tranquillité est menacée par des « nouveaux sauvages » qui envahissent sa plage et campent sous ses figuiers.
En 1931, « il y avait dix yachts dans le port, une horreur ! ». Dans les années 30, la réputation de Saint-Tropez s'étend.
Celle de Colette aussi. Il n'est pas rare de voir des curieux devant sa maison, autrefois si tranquille. En juillet 1938, elle n'en peut plus, elle écrit à Christiane Mendelys : « J'ai une envie terrible de Bretagne et de marées.
Si nous en trouvons l'occasion nous dirons adieu à La Treille Muscate, et nous rechercherons un coin de mer vivante. »
En juin 1939, elle vend la villa à l'acteur Charles Vanel. « Même si le climat ne vaut rien aux vieilles arthrites », Colette continuera à fréquenter la Provence.
A Saint-Tropez, aucune rue, aucune place ne porte son nom, pas de musée en son honneur.
Pourtant, lors de l'hommage organisé cette année pour le cinquantenaire de sa mort, le député maire,
Jean-Michel Couve, soulignait que « Colette n'a jamais quitté le pays qui l'avait adoptée » et que
« son empreinte vagabonde toujours sur la route des Salins ».

Valentine Ferrère Le point 22/07/04 - N°1662 - Page 88 -

1. « Prisons et paradis », de Colette, Livre de Poche. 2. « Colette. Lettres à sa fille. 1916-1953 »,
réunies, présentées et annotées par Anne de Jouvenel, Gallimard, 2003.

Carte de COLETTE à son amie MISSY cette carte représente la maison de Colette à Saint-Tropez, elle a été édité sans son autorisation
il faut remarquer dans la légende de la carte qu'il y a une faute à son nom "maison de madame Collette."

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Carte de Saint-Tropez de Colette pour Missy.

Jeudi

Bien chère Missy comment vas-tu ? Ne prend pas de souci de moi.
La radioscopie a montré, au bout de huit jours, un cal osseux très bien dessiné. Les ligaments du pied tous arrachés, se répareront plus lentement. Figure-toi qu'on m'a ouvert mon plâtre ! c'est un triomphe, mais je suis tenue à d'autant plus de précautions.
J'ai seulement un étrier mobile, un Velpeau, et tous les jours j'insole mon pied autant que possible, mon pied tout nu il est affreux.
Je te raconterai (je rentre la semaine prochaine) tous les accidents à gauche qui nous entourent.
Il m'est impossible de songer à mettre mon pied par terre, à cause des sacrés ligaments,
il parait que j'en ai pour 2 mois mais la fracture on n'y pense déjà presque plus !
Je t'embrasse de tout mon cœur, chère Missy.
Colette.

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Colette a 80 ans.

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samedi 13 mai 2006

Citations de Colette

Aujourd'hui ou on s'épouse et on n'a pas d'enfant, ou on ne s'épouse pas et on a des enfants.

Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point? Tout est ressemblant aux premières années de ma vie et je reconnais peu à peu au rétrécissement du domaine rural, aux chats, à la chienne vieillie, à l'émerveillement, à une sérénité dont je sens de loin le souffle, je reconnais le chemin du retour.

C'est une langue bien difficile que le français. A peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir.

Choisir, être choisi, aimer: tout de suite après viennent le souci, le péril de perdre, la crainte de semer le regret.

Connaître ce qui lui était caché, c'est la griserie, l'honneur et la perte de l'homme.

Don Juan n'était pas jeune, il était laid et sentait le bouc.

Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme.

Il est bon de traiter l'amitié comme les vins et de se méfier des mélanges.

Il est sage de verser sur le rouage de l'amitié l'huile de la politesse délicate.

Il n'y a de peine irrémédiable, sauf la mort.

Il n'y a que deux espèces d'êtres humains : ceux qui ont tué et ceux qui n'ont pas tué.

Il y a souvent plus d'angoisse à attendre un plaisir qu'à subir une peine.

Il y a deux sortes d'amour: l'amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l'amour satisfait, qui vous rend idiot.

J'appartiens à un pays que j'ai quitté.

Je ne suis capable de fantaisie que dans l'ordre.

L'essentiel n'est pas la flûte, ni ce qu'elle joue, mais le visage derrière la flûte et qui en joue.

L'homme trop occupé des femmes reçoit d'elles, un jour, sa punition.

La femme est capable de tous les exercices de l'homme, sauf de faire pipi debout contre un mur.

La quiétude... C'est le bien de ceux qui ont à jamais choisi une part de leur destin, et rejeté l'autre.

La vie c'est comme une boite de chocolats.

Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner.

Le monde m'est nouveau à mon réveil, chaque matin.

Le vice, c'est le mal qu'on fait sans plaisir.

Le visage humain fut toujours mon grand paysage.

Les femmes libres ne sont pas des femmes.

On n'écrit pas un roman d'amour pendant qu'on fait l'amour.

On naît gourmet. Le vrai gourmet est celui qui se délecte d'une tartine de beurre comme d'un homard grillé,
si le beurre est fin et le pain bien pétri.

On ne fait bien que ce qu'on aime.

On peut espérer que, lorsqu'ils seront les maîtres du monde, les insectes se souviendront avec reconnaissance que nous les avons plutôt bien nourris lors de nos pique-niques.

Qu'il s'agisse d'une bête ou d'un enfant, convaincre, c'est affaiblir.

Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout.

Quand une femme connaît la préférence d'un homme, cigares compris, quand un homme sait ce qui plaît à une femme, ils sont bien armés l'un contre l'autre. 

Si vous n'êtes pas capables d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine...

Tendre vers l'achevé, c'est revenir à son point de départ.

Tout m'est également odieux.

Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l'homme. Une femme intelligente y renonce.

Une femme se réclame d'autant de pays natals qu'elle a eu d'amours heureux.

Une enfance heureuse est une mauvaise préparation aux contacts humains.

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jeudi 11 mai 2006

Guy de Maupassant

Saint-Tropez 12 avril 1887. Guy de Maupassant.

A onze heures, le Bel-Ami s'amarre au quai, à côté du petit vapeur qui fait le service de Saint-Raphaël.
Seul, en effet, avec une vieille diligence qui porte les lettres et part la nuit par l'unique route qui traverse ces monts, le Lion-de-Mer, ancien yacht de plaisance, met les habitants de ce port isolé en communication avec le reste du monde. C'est là une de ces charmantes et simples filles de la mer, une de ces bonnes petites villes modestes, poussées dans l'eau comme un coquillage, nourries de poissons et d'air marin et qui produisent des matelots.
Sur le port se dresse en bronze la statue du bailli de Suffren. On y sent la pêche et le goudron qui flambe, la saumure et la coque des barques. On y voit, sur les pavés des rues, briller comme des perles, des écailles de sardines, et le long des murs du port le peuple boiteux et paralysé des vieux marins qui se chauffe au soleil sur les bancs de pierre.
Ils parlent de temps en temps des navigations passées et de ceux qu’ils ont connu jadis, des grands-pères de ces gamins qui courent là-bas. Leurs visages et leurs mains sont ridés, tannés, brunis, séchés par les vents, les fatigues, les embruns, les chaleurs de l’équateur et les glaces des mers du Nord, car ils ont vu, en rôdant par les océans, les dessus et les dessous du monde, et l’envers de toutes les terres et de toutes les latitudes. Devant eux passe, calé sur une canne, l’ancien capitaine au long cours, qui commanda les Trois-Sœurs, ou les Deux-Amis, ou la Marie-Louise, ou la Jeune-Clémentine. Tous le saluent, à la façon des soldats qui répondent à l’appel, d’une litanie de "Bonjour, capitaine !" modulés sur des tons différents… "On est là au pays de la mer, dans une brave petite cité salée et courageuse, qui se battit jadis contre les Sarrasins, contre le duc de Savoie et le duc d’Epernon. En 1637, les habitants, les pères de ces tranquilles Bourgeois, sans aucune aide, repoussèrent une flotte espagnole ; et chaque année se renouvelle avec une ardeur surprenante, le simulacre de cette attaque et de cette défense, qui emplit la ville de bousculades et de clameurs, et rappelle étrangement les grands divertissements populaires du Moyen Age. En 1813, la ville repoussa également une escadrille anglaise envoyée contre elle. Aujourd’hui, elle pêche. Elle pêche des thons, des sardines, des loups, des langoustes, tous les poissons si jolis de cette mer bleue, et nourrit à elle seule une partie de la côte"…

Extrait de "Sur l'eau" 
GUY DE MAUPASSANT 1850-1893.
 

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mercredi 10 mai 2006

Abraham Lincoln

1860- Déclaration au congrès du président américain Abraham Lincoln.

  Abraham Lincoln - 1860.

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